APRÈS LE CHOC
La lumière n’arrive pas. Elle frappe.
D’abord, il n’y a qu’un son : une note longue, droite, impossible.
Puis un battement. Un autre. Des pas précipités.
Quelque chose serre la poitrine ; quelque chose d’autre refuse de répondre. La bouche s’ouvre, mais l’air sent le métal et le plastique.
Des silhouettes se penchent au-dessus du corps. Aucun visage ne tient en place. Une main agrippe un poignet. Une voix ordonne. Une seconde jure que ce n’est pas possible.
— « Ils se réveillent. »
— « Ils se souviennent. »
— « Renvoyez-les. »
— « Vite. »
La panique monte avant les souvenirs.
Une île. Une guerre.
Deux êtres trop grands pour ce monde. « Mon frère. »
Une étreinte. Un éclair.
Puis plus rien. Ou peut-être tout à la fois.
Le battement s’emballe. La lumière blanche se fend comme un écran.
Sous les doigts, le drap devient herbe humide, poussière ou pierre froide.
Une odeur de fumée remplace celle du désinfectant.
Au loin, quelque chose hurle avec une voix qui n’appartient ni à une bête ni à une machine.
Le corps vient-il de se réveiller… ou de replonger ?
Qui a prononcé l’ordre ?
Quel monde a menti ?
Lequel mérite encore d’être sauvé ?
Une certitude demeure : quelqu’un vous a renvoyé.
