Pourquoi les Enfants du Shtetl ?
Nous avons voulu créer ce Grandeur Nature pour transmettre une part de notre histoire et de la culture de nos ancêtres ashkénazes disparu·es. Notre intention est de vous faire vivre au travers d’une œuvre modeste mais intense la mutation d’une culture autrefois florissante, alors que ses derniers témoins sont en train de disparaître et que les restants de cette culture se diluent progressivement.
Au-delà de cette transmission, nous avons également voulu créer un Grandeur nature court capable de vous faire vivre des émotions, de vous plonger non seulement dans l’histoire avec un grand H, mais aussi dans des histoires personnelles difficiles, des dilemmes et des choix compliqués, une tranche de vie dans une époque trouble.
Cadre du jeu et thèmes
Mars 1945. La guerre touche à sa fin, du moins en Europe car le sang continue à couler en Asie. Le
Vieux Continent est douloureusement marqué par le silence. Celui de ses absent·es, de ses
prisonnier·es, de ses déporté·es et de ses mort·es. Sur ce continent meurtri errent des millions de
réfugié·es, de personnes déplacées. Des centaines de milliers d’entre elles ont perdu un pays qui
n’existe plus ou qui est désormais aux mains d’un gouvernement hostile.
Parmi les personnes déplacées, certaines ont tout perdu après des années de logique génocidaire
nazie. Ce sont les survivant·es du judéocide, les restes du Yiddishland, dont les biens ont souvent
été saisis et accaparés ou distribués et ne peuvent généralement pas rentrer chez elleux, voire
subissent des violences, qu’elles soient collectives ou individuelles. Ce sont les survivant·es,
celles et ceux qui sont passé·es au travers les mailles du filet de la haine, parfois par chance,
parfois par courage, parfois par couardise, mais presque toujours par miracle. La persistance de
l’antisémitisme et l’absence de reconnaissance du judéocide sur le continent favorisent
l’émigration.
Une forme de résilience, de refus d’accepter la défaite s’installe, symbolisée par une vague
d’émigration après la Khurbn ‘Eyrope (la « Destruction de l’Europe » en yiddish), principalement
en direction des États-Unis ou de la Palestine mandataire. Un désir de vengeance émerge même de
manière marginale au sein des survivant·es…
Les Enfants du Shtetl est un GN sur l’humanité, la destinée, les choix et les dilemmes moraux, le
pardon et la vengeance, mais surtout un GN sur une culture meurtrie, celle des juifs ashkénazes
d’Europe centrale et orientale, presque balayée de la surface de la Terre durant le génocide le
plus méthodique de l’histoire humaine. Ce GN cherche également à susciter une réflexion sur la
condition humaine, la résilience face à la tragédie et par-dessus tout, sur la vengeance. Venez
vivre les dernières heures du Yiddishkeit de la vieille Europe à la croisée de son destin. Quel
sera votre choix ? Rester parmi les bourreaux ? Partir pour coloniser « une terre sans peuple
pour un peuple sans terre » ? Ou tenterez-vous d’obtenir vengeance, quel qu’en soit le prix ?
Thèmes du GN : Vengeance, Deuil, Espoir, Émigration, Résignation, Violence, Antisémitisme, Pardon
Ne sont pas thèmes du GN : Sexisme, Politique contemporaine
Structure du jeu
Jeudi 29 mars 1945. Quelque part en Europe de l’Est. Au soir du 15 Nissan 5705 se prépare le premier
Seder de Pessah après la libération des camps et des ghettos, la première célébration au milieu
des ruines et de la désolation. Entre survivant·es d’une même ville, uni·es dans la douleur, chacun·e
tente de panser ses plaies et regarde avec crainte ou espoir vers un avenir qui reste à choisir.
Le GN Les Enfants du Shtetl est un Grandeur nature d’une durée approximative de huit heures (4h
d’ateliers et 4h de Grandeur nature), d’une soirée autour d’un repas de Pessah, d’une célébration
rythmée de plats traditionnels, de chants et de prières, mais aussi de discussions entre les
différents protagonistes de cette histoire tragique.
